L’embouteillage à N’Djamena : congestion routière et défis urbains

L’embouteillage à N’Djamena : congestion routière et défis urbains

Société Bande Info 28 novembre 2025 91

Depuis une décennie, N’Djaména fait face à une congestion routière croissante, symptôme d’une urbanisation rapide et d’une gouvernance urbaine sous tension.Les embouteillages, devenus quotidiens, perturbent le fonctionnement économique, social et sécuritaire de la capitale.

Depuis une décennie, N’Djaména fait face à une congestion routière croissante, symptôme d’une urbanisation rapide et d’une gouvernance urbaine sous tension.Les embouteillages, devenus quotidiens, perturbent le fonctionnement économique, social et sécuritaire de la capitale.

L’embouteillage à N’Djamena : congestion routière et défis urbains
Politologue et Stratège Moderne SOBKIKA Bienvenu

Cette situation révèle des dysfonctionnements structurels : absence de planification urbaine efficace, infrastructures inadéquates, faiblesse de la régulation routière et pression démographique continue. Dans une perspective politologique et stratégique, analyser les causes et conséquences de cette congestion permet d’envisager des solutions réalistes pour un gouvernement engagé dans une modernisation urbaine durable.

I- Les causes principales de la congestion routière à N’Djamena*

✅ Croissance démographique rapide et urbanisation non planifiée :* développement urbain désordonné avec des quartiers spontanés et des constructions non réglementées, infrastructures routières insuffisantes, parfois obsolètes, voies trop étroites pour supporter le volume de véhicules, absence de routes alternatives et de voies de contournement modernes.

✅ Indiscipline sur la route et non-respect du code de la route :

✔ Dépassements dangereux  

✔ Circulation à contresens  

✔ Non-port du casque  

✔ Non-respect des feux de signalisation. 

Le contrôle policier est insuffisant, et il existe des problèmes de corruption routière. Par ailleurs, on note un manque de formation adéquate des conducteurs et une facilité excessive d'obtention des permis de conduire. 

✅ Déficit d'infrastructures modernes :* insuffisance de carrefours giratoires opérationnels, dégradation du réseau routier avec la présence de nids-de-poule ralentissant la circulation, absence de passages piétons sécurisés et de trottoirs, entraînant des conflits entre véhicules et piétons, ainsi que saturation des ponts et axes stratégiques. 

✅ Activités commerciales désorganisées:* Occupation non autorisée des trottoirs et des voies de circulation par des marchés informels ; arrêts inopportuns de taxis et de motos-taxis ; absence de parkings réglementaires pour les commerces. 

✅ Absence d'une politique de mobilité urbaine :manque d'une vision stratégique globale et insuffisance de coordination entre la mairie, les instances de sécurité routière et le Ministère des Infrastructures. 

✅ Croissance du parc automobile : Augmentation du nombre de voitures particulières en raison de l'absence de transports publics fiables ; forte importation de véhicules d'occasion à coût abordable ; importance croissante des motos-taxis et tricycles sur les axes principaux ; absence de politique visant à réguler le nombre de véhicules en circulation. 

II- Les impacts sur la population de la ville de N’Djamena.

➡️ Perte de temps et diminution de la productivité : Chaque jour, des milliers d'heures sont perdues en raison des embouteillages, entraînant des retards au travail et des perturbations dans le milieu scolaire. Cela conduit à une baisse de la compétitivité économique de notre capitale. 

➡️ Retards dans l'action publique : Les embouteillages entravent la mobilité des forces de l'ordre, ralentissent les travaux publics ainsi que les livraisons et les distributions. En cas d'urgence, comme une évacuation médicale par ambulance ou une intervention en cas d'incendie, ces embouteillages peuvent bloquer la circulation, aggravant ainsi la situation.

➡️ Détérioration de la santé publique : Stress, fatigue chronique, irritabilité accrue, niveaux élevés de pollution atmosphérique, augmentation des maladies respiratoires et pollution sonore.  

➡️ Sécurité routière en péril : Augmentation des accidents, fréquemment mortels. Tensions entre conducteurs, piétons et motocyclistes, entravant l'intervention des ambulances et des services d'urgence. 

➡️ Impact économique négatif : Surconsommation de carburant attribuable aux arrêts fréquents, augmentation des coûts de maintenance des véhicules et perte de revenus pour les travailleurs dont l'activité dépend de la mobilité. 

➡️ Dégradation de la qualité de vie urbaine : La ville est perçue comme désorganisée et peu moderne, entraînant une intensification des tensions sociales dans les zones densément peuplées et des difficultés de circulation pour les personnes âgées ou en situation de handicap. 

III- Solutions Stratégiques que le Gouvernement peut Envisager

1- Élaboration d'une politique nationale de mobilité urbaine, définition d'un cadre juridique clair pour la gestion des transports, planification de l'extension urbaine sur un horizon de 5 à 10 ans, et renforcement de la coordination entre la municipalité, l'urbanisme et les infrastructures. 

2-Réguler de manière stricte la circulation routière, Renforcer l'autorité de la police municipale et des services de sécurité routière, Lutter efficacement contre l'acquisition frauduleuse de permis de conduire et la corruption et Installer des caméras de surveillance aux carrefours stratégiques. 

3- Organiser les marchés et les activités commerciales, concevoir des parkings modernes pour les marchés, délocaliser les marchés informels en dehors des grands axes, imposer une interdiction stricte des occupations illégales de la voie publique, interdire également l'extension des marchés jusqu'au bord des routes. 

4- Favoriser un urbanisme contemporain en développant des quartiers périphériques bien conçus, avec des infrastructures routières modernes, tout en mettant en place une politique de logement social afin de désengorger le centre-ville.

5- Moderniser les infrastructures routières : réhabilitation intégrale des routes principales, création de nouvelles voies de contournement, construction de ponts supplémentaires pour désencombrer les axes principaux, et aménagement de carrefours giratoires modernes et intelligents. 

6- Établir un système de transport public efficace en développant un réseau de bus urbains structuré, fiable et sécurisé. Favoriser des partenariats public-privé pour l'introduction de minibus modernes. Diminuer progressivement la dépendance aux motos-taxis.  

7- Sensibilisation à l'échelle nationale : campagnes sur la discipline routière impliquant les stations de radio, les établissements scolaires et les leaders communautaires.

 IV- Conclusion

La congestion routière qui sévit à N’Djamena ne se limite pas à un simple problème lié aux transports. Elle représente en réalité un défi urbain complexe et multiforme, touchant plusieurs aspects fondamentaux de la vie en ville. Ainsi, cette situation a des répercussions sur la gouvernance, l’économie, la santé des populations, la sécurité publique, ainsi que sur la qualité de vie des citoyens.

Pour aborder ce phénomène de manière efficace, il est impératif que les autorités mettent en place une stratégie globale qui repose sur une vision gouvernementale contemporaine. Cela implique de développer et de moderniser les infrastructures, de promouvoir une discipline collective concernant l'utilisation des voies de circulation, ainsi que de mettre en œuvre une planification urbaine cohérente et intégrée. En parallèle, le transport public doit également être modernisé afin de répondre aux besoins croissants d'une population en expansion, en offrant des alternatives durables et efficaces à l'usage individuel des véhicules. Cette approche interdisciplinaire est essentielle pour désengorger les routes et améliorer la fluidité du trafic, tout en garantissant un cadre de vie sain et agréable pour tous les habitants de N'Djamena. 

Améliorer la fluidité de la circulation à N'Djamena constituerait une avancée significative dans la transformation urbaine du Tchad et un symbole fort d'un État en mesure de moderniser sa capitale pour mieux répondre aux besoins de sa population.

Politologue et Stratège Moderne

SOBKIKA Bienvenu

Cette situation révèle des dysfonctionnements structurels : absence de planification urbaine efficace, infrastructures inadéquates, faiblesse de la régulation routière et pression démographique continue. Dans une perspective politologique et stratégique, analyser les causes et conséquences de cette congestion permet d’envisager des solutions réalistes pour un gouvernement engagé dans une modernisation urbaine durable.

I- Les causes principales de la congestion routière à N’Djamena*

✅ Croissance démographique rapide et urbanisation non planifiée :* développement urbain désordonné avec des quartiers spontanés et des constructions non réglementées, infrastructures routières insuffisantes, parfois obsolètes, voies trop étroites pour supporter le volume de véhicules, absence de routes alternatives et de voies de contournement modernes.

✅ Indiscipline sur la route et non-respect du code de la route :

✔ Dépassements dangereux  

✔ Circulation à contresens  

✔ Non-port du casque  

✔ Non-respect des feux de signalisation. 

Le contrôle policier est insuffisant, et il existe des problèmes de corruption routière. Par ailleurs, on note un manque de formation adéquate des conducteurs et une facilité excessive d'obtention des permis de conduire. 

✅ Déficit d'infrastructures modernes :* insuffisance de carrefours giratoires opérationnels, dégradation du réseau routier avec la présence de nids-de-poule ralentissant la circulation, absence de passages piétons sécurisés et de trottoirs, entraînant des conflits entre véhicules et piétons, ainsi que saturation des ponts et axes stratégiques. 

✅ Activités commerciales désorganisées:* Occupation non autorisée des trottoirs et des voies de circulation par des marchés informels ; arrêts inopportuns de taxis et de motos-taxis ; absence de parkings réglementaires pour les commerces. 

✅ Absence d'une politique de mobilité urbaine :manque d'une vision stratégique globale et insuffisance de coordination entre la mairie, les instances de sécurité routière et le Ministère des Infrastructures. 

✅ Croissance du parc automobile : Augmentation du nombre de voitures particulières en raison de l'absence de transports publics fiables ; forte importation de véhicules d'occasion à coût abordable ; importance croissante des motos-taxis et tricycles sur les axes principaux ; absence de politique visant à réguler le nombre de véhicules en circulation. 

II- Les impacts sur la population de la ville de N’Djamena.

➡️ Perte de temps et diminution de la productivité : Chaque jour, des milliers d'heures sont perdues en raison des embouteillages, entraînant des retards au travail et des perturbations dans le milieu scolaire. Cela conduit à une baisse de la compétitivité économique de notre capitale. 

➡️ Retards dans l'action publique : Les embouteillages entravent la mobilité des forces de l'ordre, ralentissent les travaux publics ainsi que les livraisons et les distributions. En cas d'urgence, comme une évacuation médicale par ambulance ou une intervention en cas d'incendie, ces embouteillages peuvent bloquer la circulation, aggravant ainsi la situation.

➡️ Détérioration de la santé publique : Stress, fatigue chronique, irritabilité accrue, niveaux élevés de pollution atmosphérique, augmentation des maladies respiratoires et pollution sonore.  

➡️ Sécurité routière en péril : Augmentation des accidents, fréquemment mortels. Tensions entre conducteurs, piétons et motocyclistes, entravant l'intervention des ambulances et des services d'urgence. 

➡️ Impact économique négatif : Surconsommation de carburant attribuable aux arrêts fréquents, augmentation des coûts de maintenance des véhicules et perte de revenus pour les travailleurs dont l'activité dépend de la mobilité. 

➡️ Dégradation de la qualité de vie urbaine : La ville est perçue comme désorganisée et peu moderne, entraînant une intensification des tensions sociales dans les zones densément peuplées et des difficultés de circulation pour les personnes âgées ou en situation de handicap. 

III- Solutions Stratégiques que le Gouvernement peut Envisager

1- Élaboration d'une politique nationale de mobilité urbaine, définition d'un cadre juridique clair pour la gestion des transports, planification de l'extension urbaine sur un horizon de 5 à 10 ans, et renforcement de la coordination entre la municipalité, l'urbanisme et les infrastructures. 

2-Réguler de manière stricte la circulation routière, Renforcer l'autorité de la police municipale et des services de sécurité routière, Lutter efficacement contre l'acquisition frauduleuse de permis de conduire et la corruption et Installer des caméras de surveillance aux carrefours stratégiques. 

3- Organiser les marchés et les activités commerciales, concevoir des parkings modernes pour les marchés, délocaliser les marchés informels en dehors des grands axes, imposer une interdiction stricte des occupations illégales de la voie publique, interdire également l'extension des marchés jusqu'au bord des routes. 

4- Favoriser un urbanisme contemporain en développant des quartiers périphériques bien conçus, avec des infrastructures routières modernes, tout en mettant en place une politique de logement social afin de désengorger le centre-ville.

5- Moderniser les infrastructures routières : réhabilitation intégrale des routes principales, création de nouvelles voies de contournement, construction de ponts supplémentaires pour désencombrer les axes principaux, et aménagement de carrefours giratoires modernes et intelligents. 

6- Établir un système de transport public efficace en développant un réseau de bus urbains structuré, fiable et sécurisé. Favoriser des partenariats public-privé pour l'introduction de minibus modernes. Diminuer progressivement la dépendance aux motos-taxis.  

7- Sensibilisation à l'échelle nationale : campagnes sur la discipline routière impliquant les stations de radio, les établissements scolaires et les leaders communautaires.

 IV- Conclusion

La congestion routière qui sévit à N’Djamena ne se limite pas à un simple problème lié aux transports. Elle représente en réalité un défi urbain complexe et multiforme, touchant plusieurs aspects fondamentaux de la vie en ville. Ainsi, cette situation a des répercussions sur la gouvernance, l’économie, la santé des populations, la sécurité publique, ainsi que sur la qualité de vie des citoyens.

Pour aborder ce phénomène de manière efficace, il est impératif que les autorités mettent en place une stratégie globale qui repose sur une vision gouvernementale contemporaine. Cela implique de développer et de moderniser les infrastructures, de promouvoir une discipline collective concernant l'utilisation des voies de circulation, ainsi que de mettre en œuvre une planification urbaine cohérente et intégrée. En parallèle, le transport public doit également être modernisé afin de répondre aux besoins croissants d'une population en expansion, en offrant des alternatives durables et efficaces à l'usage individuel des véhicules. Cette approche interdisciplinaire est essentielle pour désengorger les routes et améliorer la fluidité du trafic, tout en garantissant un cadre de vie sain et agréable pour tous les habitants de N'Djamena. 

Améliorer la fluidité de la circulation à N'Djamena constituerait une avancée significative dans la transformation urbaine du Tchad et un symbole fort d'un État en mesure de moderniser sa capitale pour mieux répondre aux besoins de sa population.

Politologue et Stratège Moderne

SOBKIKA Bienvenu

Fil Facebook