Tchad : Arnaud Ndilmbaye appelle à une réflexion nationale face à la recrudescence des violences scolaires
La répétition des violences dans les établissements scolaires tchadiens en fin d’année académique ne peut plus être traitée comme une série d’incidents isolés, estime le journaliste et sociologue Arnaud Ndilmbaye.
Dans une analyse publiée ce lundi sur sa page Facebook, il souligne que ces tensions, qui éclatent chaque année à l’approche des examens ou après la proclamation des résultats, révèlent un malaise profond au sein du système éducatif.
Pour l’auteur, réduire ces comportements à la seule indiscipline des élèves revient à ignorer leurs causes structurelles. Il cite notamment le sentiment d’abandon chez les jeunes, l’absence de perspectives claires, l’affaiblissement de l’autorité éducative, le manque d’encadrement psychologique et la rupture du dialogue entre élèves, familles et responsables scolaires.
Arnaud Ndilmbaye rappelle également que l’école évolue dans un contexte social fragilisé par les difficultés économiques des familles, le chômage et les inégalités. Dans ce cadre, l’établissement scolaire devient selon lui le reflet des tensions de la société, et la violence, un mode d’expression pour une jeunesse en quête d’écoute.
Il plaide pour une réponse qui dépasse le seul volet répressif. Une politique éducative efficace devrait, selon lui, s’attaquer aux causes profondes des violences et privilégier des mesures préventives. Il propose l’organisation d’une réflexion nationale associant enseignants, parents, psychologues, leaders communautaires, organisations de jeunesse et élèves.
Parmi les pistes évoquées figurent la réhabilitation de l’éducation civique et morale, le renforcement de l’encadrement, la création d’espaces d’écoute psychologique dans les écoles, et la promotion des activités culturelles, sportives et citoyennes pour canaliser les tensions.
« La question des violences scolaires ne concerne pas uniquement l’école ; elle touche directement l’avenir de notre jeunesse et, par conséquent, celui de notre pays », conclut l’auteur, appelant à un débat sérieux sur l’état du système éducatif tchadien.