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ÉDITORIAL : Assez de mendier nos propres richesses

Encore des bus. Encore des ambulances. Ce mercredi, à la Place de la Nation, nous avons remercié les Émirats Arabes-Unis pour 50 bus et 50 ambulances. Et nous avons eu raison de remercier. Mais à quel moment allons-nous avoir honte ?

ÉDITORIAL : Assez de mendier nos propres richesses
Une vue des dotations

Depuis le Palais du 15 janvier offert, jusqu’au Stade de Mandjafa offert, en passant par le Palais de la Démocratie offert... notre pays construit son visage avec la carte bancaire des autres. Nous sommes devenus des champions de la réception de dons. Des professionnels de la gratitude.

Pendant ce temps, sous nos pieds, ça saigne de l’or.  

Dans le Tibesti, dans le Ouaddaï, des gens creusent jour et nuit. Où va cet or ? Pas dans nos hôpitaux. Pas dans nos écoles. Depuis Doba, le pétrole coule depuis 20 ans. Des milliards de barils. Où est l’argent ? Dans le remboursement de dettes que nous n’avons pas choisies.

Nous n’avons pas un problème de pauvreté. Nous avons un problème de pillage. Pillage de nos ressources. Pillage de notre avenir. Pillage de notre fierté.

Ne nous trompons pas : les Émirats, la France, la Chine ne sont pas nos ennemis. Un pays a besoin d’amis. Mais un ami ne nourrit pas un adulte pendant 60 ans. À un moment, il lui dit : "Lève-toi et travaille".

La coopération est devenue notre excuse. Notre alibi.  

"On n’a pas de bus", on attend un don.  

"On n’a pas d’ambulances", on attend un don.  

"On n’a pas d’hôpitaux", on attend un don. Et nos ressources ? Elles financent quoi exactement ?

50 bus de plus ne changeront rien si demain nous n’avons pas d’usine pour les entretenir. 50 ambulances de plus ne serviront à rien si nous n’avons pas de médecins formés pour les conduire.

Le vrai don dont le Tchad a besoin, ce n’est pas un bus.  

C’est une gouvernance. C’est la volonté de dire : l’or du Tchad finance les hôpitaux du Tchad. Le pétrole du Tchad paie les universités du Tchad.

Le jour où nous arrêterons de célébrer les dons comme des victoires, ce jour-là nous commencerons à gagner.  

Le jour où nous n’aurons plus besoin de faire la queue pour recevoir, ce jour-là nous serons un pays.

En attendant, merci aux pays frères. Mais merci ne suffit plus. Il faut du travail. Il faut du courage. Il faut arrêter de voir le Tchad d, être un éternel assisté.

                                                      La rédaction 

                                                                                                             

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