Les leaders communautaires du Logone Oriental et du Mandoul s'unissent contre l'excision
Pendant deux jours, les leaders communautaires, autorités administratives, militaires, chefs religieux et représentants des médias du Logone Oriental et du Mandoul se ont réunis autour d'un atelier au centre ADETIC de Doba pour dire non aux Mutilations Génitales Féminines (MGF).
Organisé par le consortium URD, CARE International et BASE dans le cadre du projet d’autonomisation sociale des femmes Tchadiennes par l’accès aux services de santé phase 2, l’atelier avait pour objectif de passer des discours aux actes concrets.
Au cours des travaux, les participants ont décrié la persistance de l’excision, malgré un cadre juridique tchadien qui la pénalise sévèrement. Pour eux, la pratique continue d’entraîner des traumatismes psychologiques, des complications lors des accouchements, des infections graves et trop souvent des pertes de vies humaines.
Pour les acteurs réunis, il est temps de « briser le silence ». Ils ont élaboré à l’unanimité un plan d’action opérationnel et chiffré destiné à réduire drastiquement la pratique dans les deux provinces.
Ainsi, trois engagements majeurs ont été pris :
1. Appeler les acteurs juridiques et sanitaires à appliquer strictement les textes de la République ;
2. Mobiliser les autorités locales, détentrices de l’autorité morale, légale et coutumière, pour porter le combat ;
3. Mettre en œuvre le plan d’action avec le soutien des médias et de la société civile afin d’atteindre les communautés à la base.
« Il faut passer aux actes concrets », ont martelé les participants, convaincus que seule une action coordonnée pourra infléchir la courbe de cette pratique.
Au terme de deux jours d’échanges, l’atelier de Doba lance un appel fort : offrir un avenir plus sûr aux jeunes filles et aux femmes du Logone Oriental et du Mandoul.