L'opposition dit non au retrait du Tchad à la CPI
L'Opposition démocratique tchadienne a exprimé mardi sa "stupéfaction" face à la décision du Gouvernement annoncer le 27 juillet 2026 le retrait unilatéral du Tchad du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale (CPI).
Le communiqué officiel radio-diffusé N°003/OD/COD/CAB/2026, signé par 19 responsables de partis politiques, l'Opposition estime que cette décision "d'une portée historique" engage l'image internationale du pays et interroge son attachement aux "principes universels de justice et de lutte contre l'impunité".
L'Opposition démocratique juge que le retrait d'un traité international fondamental "ne saurait être prise de manière unilatérale par un gouvernement, quel qu'il soit, sans débat national, sans consultation des forces politiques, de la société civile, des institutions compétentes et de la représentation nationale".
Elle déplore une démarche qui risque de donner "l'image d'un recul de notre engagement en faveur de la justice internationale", alors que le Tchad aspire à renforcer ses partenariats et à attirer les investissements.
Le Gouvernement justifie sa décision en dénonçant une sélectivité de la CPI à l'égard des États africains. Sur les 13 enquêtes ouvertes par la Cour depuis sa création, 9 concernent des pays africains.
L'Opposition reconnaît que des critiques ont été formulées, mais estime qu'elles "ne sauraient, à elles seules, justifier le retrait du Tchad". Elle rappelle que le seul dossier ayant directement touché le Tchad est celui d'Omar el-Béchir, ancien président du Soudan, poursuivi pour des soupçons de génocide au Darfour, "un génocide dont de nombreuses familles tchadiennes ont été directement victimes".
"Les insuffisances de la CPI appellent, de la part du Tchad, une capacité souveraine à impulser une réforme de l'organisation commune, et non une démission souveraine de la justice internationale", affirme le texte.
En conséquence, l'Opposition démocratique tchadienne déplore et dénonce la décision unilatérale du Gouvernement; appelle à la suspension de la procédure pour engager un débat national "préalable, inclusif et transparent". Elle réitère son attachement à la lutte contre l'impunité, les crimes de guerre et crimes contre l'humanité . L'opposition a annoncé dans la foulée son soutient aux réformes lancées par la CPI dans un cadre multilatéral. Ainsi, elle invite au dialogue avec les partenaires africains et internationaux plutôt qu'au retrait
Les signataires notent avec inquiétude le "mimétisme persistant" du Gouvernement avec les pratiques des États de l'Alliance des États du Sahel (AES)
Pour eux, le maintien du Tchad dans le Statut de Rome constitue "une garantie supplémentaire contre l'impunité et un signal fort en faveur de l'État de droit" pour un pays ayant traversé plusieurs décennies de conflits.