Mairie de Moundou :L’EDS sollicite arbitrage impartial du Vice-Premier ministre de l’éviction de son président
L'affaire de l'éviction de Hubert Dionkeye de ses fonctions de maire adjoint de la commune de Moundou prend une nouvelle tournure. Dans un recours hiérarchique adressé au Vice-Premier ministre chargé de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation, le parti Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS) sollicite un examen objectif et impartial des conditions ayant conduit à son remplacement.
Dans sa correspondance datée du 13 juillet 2026, le parti affirme que son président a été écarté de ses fonctions sans notification officielle, ni procédure contradictoire, alors qu'il soutient n'avoir commis aucune faute susceptible de justifier une telle décision. Il indique avoir appris son remplacement à travers des publications diffusées sur les réseaux sociaux. L’EDS soutient que plusieurs dispositions de la loi organique portant statut des collectivités autonomes n'auraient pas été respectées. Il évoque notamment l'absence de convocation régulière des conseillers municipaux, la tenue de la réunion en dehors du siège du conseil communal, le non-respect de la majorité requise ainsi que l'absence d'autorisation préalable de l'autorité de tutelle.
Ses avocats estiment, pour leur part, que si ces griefs étaient établis, la procédure ayant conduit à son remplacement serait entachée d'irrégularités substantielles. Ils soutiennent que toute décision affectant le mandat d'un élu local doit être prise dans le strict respect des garanties prévues par la loi et appellent le ministère de l'Administration du Territoire à faire prévaloir le droit sur toute autre considération. Du côté de l'Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS), les militants dénoncent ce qu'ils qualifient de «destitution arbitraire» et d'«atteinte grave au processus de décentralisation ». Selon eux, une telle décision, si elle venait à être confirmée en dehors du cadre légal, créerait un précédent préoccupant pour les collectivités territoriales et fragiliserait la confiance des élus locaux dans les institutions chargées de garantir le respect de la loi.
Dans ce contexte, tous les regards se tournent désormais vers le Vice-Premier ministre, dont l'arbitrage est attendu. En sa qualité d'autorité de tutelle des collectivités territoriales, il lui appartient d'apprécier les faits à la lumière des textes en vigueur et de rendre une décision fondée sur les principes de légalité, d'équité et de bonne gouvernance. Pour plusieurs observateurs, un arbitrage objectif contribuerait à apaiser les tensions autour de la gouvernance municipale de Moundou, tout en renforçant la crédibilité des institutions et la confiance dans le processus de décentralisation.
En attendant la position officielle du ministère de l'Administration du Territoire, ce dossier apparaît comme un test important pour la consolidation de la décentralisation au Tchad, où le respect des procédures légales demeure un enjeu majeur pour l'État de droit.