(Multimédia) Le Sénégal veut tirer parti du zéro droit de douane pour exporter davantage de produits transformés vers la Chine (SYNTHESE)
DAKAR, 24 août (Xinhua) -- Lors d'une récente rencontre organisée par l'ambassade de Chine au Sénégal autour de la politique de zéro droit de douane, Oulimata Sarr, ancienne ministre sénégalaise de l'Economie, du Plan et de la Coopération, a indiqué que cette ouverture offre de nouveaux débouchés, mais les entreprises doivent pouvoir financer les commandes, répondre aux normes et mieux connaître les clients visés avant d'augmenter leur production.
Zena Exotic Fruits est une entreprise sénégalaise qui transforme des fruits et des légumes depuis une quarantaine d'années. Sa gamme comprend notamment des jus, des confitures, de la purée de mangue et des produits à base de céréales, fabriqués sans conservateurs ni arômes chimiques. Pour se tourner vers la Chine, sa directrice Randa Filili veut connaître les normes alimentaires, les tests exigés, les procédures d'enregistrement et les règles de protection des marques. Elle est prête à adapter la production, dit-elle, mais souhaite d'abord disposer d'informations claires.
La Société des condiments sénégalaise, de son côté, a commencé à tester concrètement le marché chinois. Plus d'une cinqquantaine de bouteilles de sauce et de purée de piment ont déjà été expédiées en Chine. Il s'agit encore d'échantillons soumis à des essais, et non d'exportations commerciales.
"Nous sommes en train d'essayer d'entrer sur le marché chinois", explique son directeur général, Jade Maky. L'entreprise pense que le piment séché et les sauces sénégalaises peuvent y trouver leur place. Elle doit cependant effectuer les démarches sanitaires et phytosanitaires, puis rencontrer des importateurs et des distributeurs.
Dans la pêche, le Sénégal exporte encore beaucoup de produits peu transformés. Mamadou Abibou Diagne, secrétaire général du ministère sénégalais des Pêches et de l'Economie maritime, cite le poisson frais ou réfrigéré, les produits congelés, séchés, fumés ou préparés parmi les offres qui pourraient intéresser différents clients chinois. Il souhaite surtout que davantage de traitement, de conservation et de conditionnement soient réalisés au Sénégal, afin qu'une plus grande part de la valeur reste dans le pays.
L'occasion est là, certes, mais pour la saisir, il faut respecter les normes, a rappelé l'ancien ministre de l'Agriculture Mabouba Diagne. Il propose d'identifier les produits qui peuvent réellement être exportés, puis d'examiner pour chacun d'eux les conditions de production, de traçabilité et de conditionnement.
Une plateforme sénégalaise de données sur le commerce international a été lancée pendant la rencontre. Elle doit donner aux entreprises des informations sur les tendances de consommation, les règles d'importation et les débouchés disponibles. Pour une PME qui connaît son produit mais rarement le marché chinois, ces renseignements peuvent peser aussi lourd que l'avantage tarifaire.