Tchad : Le GCAP dévoile les raisons de la "marche d’indignation" du 2 mai
Dans une fiche explicative rendue publique ce 16 avril 2026 au cours d'un point de presse, le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) dénonce cinq ans de "violences, exclusions et confiscations" et appelle les Tchadiens à manifester le 2 mai 2026 sur l’ensemble du territoire pour exiger droits, libertés et justice.
Le GCAP a rendu publique une fiche détaillant les motifs de son appel à la "Marche d’Indignation et de Protestation" prévue le 2 mai prochain. Le texte dresse un réquisitoire contre la gestion du pouvoir : "Quand on prend le pouvoir, c’est pour être au service de ses compatriotes et non pour les voir tuer ou les tuer", affirme le document.
Selon le GCAP, depuis cinq ans, citoyens, activistes, journalistes, religieux, syndicalistes et acteurs politiques font face à des "violences, confiscations de biens, enlèvements, tortures, emprisonnements". Il dénonce aussi le sort réservé aux auxiliaires de justice "traités comme des moins que rien" par les forces de l’ordre, l’interdiction de grève pour les enseignants "dans la misère", et les conditions difficiles des médecins et transporteurs.
Le monde rural est décrit comme livré à des "conflits meurtriers instrumentalisés" entre agriculteurs et éleveurs. Le GCAP pointe l’existence de "prisons secrètes" appartenant à l’ANS où des détenus seraient "maltraités et torturés" hors de tout contrôle judiciaire.
Sur le plan judiciaire, le groupe estime que "les juges sont contraints d’orienter leurs décisions" selon le pouvoir, citant le cas de MASRA Succès, "enlevé, jugé et condamné". Il dénonce une justice à deux vitesses : "Celui qui vole un pain pour cause de la faim est arrêté […] celui qui vole des centaines de millions est […] promu".
Les autorités locales sont accusées de "sévir, maltraiter, humilier" les populations, tandis que les mairies collecteraient "pour remplir la caisse du MPS et non pour le développement". Le GCAP affirme que ministres, députés et sénateurs "ne travaillent que pour le MPS" et votent des lois "contre les intérêts des populations".
Le texte évoque la vie chère, les services publics défaillants, les opérateurs téléphoniques "en complicité avec le gouvernement" et la surveillance généralisée par des agents de l’ANS. Il rappelle plusieurs drames : "la tuerie de plus 300 jeunes le 20 octobre 2022", l’assassinat de Yaya Dillo, et cite une série de cas récents d’enlèvements et de meurtres.
Pour le GCAP, cette situation s’explique par un accaparement des institutions : "Les principaux responsables […] ne sont placés que par le MPS afin que l’Administration et l’Armée ne puissent pas jouer leurs véritables rôles au service du Peuple".
Face à ce constat, le mouvement appelle à la mobilisation : "Que tous ceux et toutes celles qui aiment leur dignité, refusent l’injustice et l’esclavage, le 02 mai, mobilisons-nous […] Indignons-nous et protestons". Il exhorte chaque Tchadien à sortir : "Ne restes pas silencieux et inactif, l’état d’urgence républicaine t’interpelle".
La marche vise, selon le GCAP, le "rétablissement des droits, des libertés et de la justice" au Tchad et à l’étranger.